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Le Chief Happiness Officer est un artifice

Le gardien du bonheur au travail, le Chief Happiness Officer fait littéralement fureur sur les réseaux sociaux. Mais qui est-il ? Et en avez-vous besoin ? Qu’en est-il d’un métier qui fait rêver aussi bien celui qui porte le titre que les salariés ? Alors poudre de perlimpinpin ou pas ?

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CHO, la raison du métier

Le Chief Happiness Officer est né dans la Silicon Valley, importé en France il y a deux à trois ans, il se développe d’abord dans les start-ups avant de conquérir des enseignes plus traditionnelles. L’objectif du CHO est d’aider l’entreprise à développer un environnement de travail agréable aux salariés. Un poste qui se rattache à la fois à la communication interne, à l’événementiel et aux ressources humaines. Problème, le CHO est à mon sens un effet de mode qui n’a pas lieu d’être.

Les missions d’un CHO

Elles sont nombreuses et tangibles, le CHO va mettre en place des événements, des techniques, des outils pour renforcer la cohésion, optimiser confort et bien-être des collaborateurs. Plus proche des salariés, il est l’oreille attentive aux problèmes personnels. Il est aussi bien attentif au bonheur du groupe qu’à celui de l’individu. Enfin il est censé apporter des solutions concrètes pour améliorer la gestion du temps et répartir efficacement la charge de travail.

Ainsi le bien-être au travail s’est défini en premier lieu – et a minima – par la prise en compte de la pénibilité et la prévention des risques psycho sociaux.

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CHO : pour ou contre ?

Je prône personnellement l’engagement du manager dans un rôle humain. Toutes les tâches confiées au CHO incombent au manager : en effet, qui connaît mieux les collaborateurs que le manager ?

En réalité, le Chief Happiness Officer est un artifice, un pansement pour pallier le manque d’humanité dans l’entreprise. On a dépossédé le manager de son rôle d’écoute et d’accompagnement, pour le noyer sous les résultats et les rapports. Pourtant, lorsqu’il y a une crise, lorsqu’un projet difficile et complexe doit être monté, ce n’est ni au CHO, ni au service RH d’aller au charbon avec son équipe, c’est bien au manager.

Dans les formations que je réalise, je donne des outils de communication pour créer cette relation. Je ne préconise jamais la création d’un poste de CHO, mais l’obligation pour les managers d’assumer leurs responsabilités « de relations humaines » nécessaires au travail en équipe. Et c’est bien là le défi du management : travailler avec l’humain et pour cela accepter de « traiter » de l’humain avec toute la complexité que cela représente.

Le poste de CHO est en outre souvent créé pour « un effet de com’ ». De brillants cerveaux sont alors engagés pour décorer des bureaux, faire les courses, et dire une bonne blague à la machine à café. L’humain passer alors encore une fois à la trappe !

Au lieu de créer un nouveau poste, un gardien du bonheur en entreprise, je vous propose plutôt de donner au manager les moyens – du temps, des responsabilités, de la confiance, moins de pression – pour créer des relations vraies et durables.

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